
Façonner l'esprit et le corps;
Cultiver une âme vigoureuse;
S'efforcer de progresser sans relâche dans l'art du Kendo
par un entraînement véritable et vigoureux;
Tenir en estime la courtoisie humaine et l'honneur;
S'associer aux autres avec sincèrité;
Et toujours poursuivre l'accomplissement de soi-même.
Définition de la Fédération Japonaise de Kendo Z.N.K.R.
Le Kendo est l'héritage des combats aux sabres que se livraient les samouraï sur les champs de bataille. Du VIIème au XVIIème siècle, l'usage de l'arc, des armes blanches en tous genres puis des armes à feu se développa. C'est dans ce contexte que le sabre a été à l'origine puis au centre du développement des arts martiaux et que se forgea le Bushido, code de conduite du guerrier.
L'apprentissage du Ken-jutsu (ou art du sabre) était, on le conçoit dangereux. Il n'était pas rare qu'à l'occasion d'un entraînement les pratiquants se blessent ou soient estropiés voire tués. Il convenait d'élaborer une armure protectrice permettant une pratique sans danger.
C'est au XVIIème siècle que l'on verra apparaître les premières pièces de protection s'inspirant des armures des grands généraux comprenant un casque (kabuto) et des pièces adaptées en cuir ou en métal protégeant la poitrine, les bras et les mains. C'est à Ono Tadake que l'on doit le sabre factice fait de lames de bambou, ancêtre du shinaï d'aujourd'hui.
Mais c'est Chûta Nakanishi qui donnera sa véritable impulsion au kendo. Il inventanta le gant d'escrime "kote" (prononcer koté), le plastron pour protéger la poitrine "do" et remodela le sabre factice sous forme d'un sabre formé de quatre lames de bambou, souple et résistant nommé "shinaï".
Outre sa contribution dans l'art du combat avec armures et armes de guerre, il créa des techniques au sabre et fonda une nouvelle école "ITTORYU", obligeant ses élèves à porter l'armure et le shinaï. L'avantage était considérable, l'élève pouvait ainsi porter tous ses efforts sur l'intensité et la rapidité, sûr de pouvoir frapper sans se blesser, faisant ainsi de considérables progrès. En dépit de quelques réticences toutes les écoles de sabre du Japon adoptèrent le shinaï et l'armure de protection.
Aujourd'hui le Kendo compte plusieurs millions de pratiquants au Japon et sa pratique s'est largement répandue aux Etats-Unis et en Europe. C'est avant tout un art martial et un kendoka ne doit jamais oublier qu'il entre dans un environnement dont les méthodes d'entraînement datent d'une époque très ancienne. La recherche de l'équilibre, de la plénitude, de la maîtrise de soi dans un esprit de paix en constituent la philosophie. L'enfant, la femme, ou l'homme qui pratique le Kendo verra son agressivité disparaître au profit d'une combativité contrôlée qui lui servira dans tous les domaines de la vie. Au fur et à mesure de ses progrés techniques, il acquerra confiance en lui et développera des qualités physiques et morales. Le Kendo est conçu pour discipliner la personnalité humaine par l'application des principes du sabre. |