Le Iaïdo, c'est l'art du sabre. Dégainer, trancher dans un même "souffle". Différentes séries de Kata répondant à certaines situations permettent de développer un force morale chez les pratiquants. Contrairement aux autres arts martiaux, le Iaïdo se pratique seul, point d'adversaire visible, l'adversaire c'est l'envers de soi-même. Nous ne l'affrontons pas pour le détruire mais pour nous unir à lui, pour parvenir à notre unité. Le pratiquant utilise un katana ou une réplique de celui-ci (Iaï-to). Les différentes formes (katas) correspondent à des séries de mouvements répondant à une grande variété de situations où il faut tenir compte du type d'attaque, maîtriser la distance et le cheminement du sabre (orientation du tranchant de la lame) qui sont liées à quatre techniques fondamentales :
- Nukitsuke : coup porté en dégainant, mettant l'adversaire en difficulté.
- Kiritsuke : la coupe définitive portée de haut en bas ou en oblique, parfois à la verticale.
- Chiburi : geste bref destiné à ôter le sang de la lame.
- Noto : action qui consiste à rengainer la lame.
Il existe aussi une multitude d'écoles. Nous pratiquons :
- La ZEN KEN REN IAIDO (seitei iai)
- La MUSO SHINDEN RYU (shoden - chuden - okuden)
De tout temps le sabre était considéré au Japon comme l' âme du guerrier Son acier forgé selon un procédé traditionnel transmis de génération en génération le reliait à la vie et à la mort, deux conceptions opposées dans la conception purement intellectuelle mais que le samouraï devait arriver à dépasser , pour le concilier , en réalisant la vraie « connaissance » , ce qui ne pouvait intervenir qu'à l'issue d'un très long entraînement accompagné d'une recherche intérieure dépassant le cadre de la simple technique . Ainsi intervenait chez le samouraï pur et dur un changement d'état d'esprit qui lui faisait reconnaître dans son sabre une double finalité : bien sÛr trancher toute menace extérieure contre son intégrité physique mais aussi trancher l'ego afin que puisse se réaliser le véritable éveil spirituel . Dégainer et trancher d'un seul geste... Unité de sensation , de volonté et d'action... Le lai-do est donc l'une des formes de « forge de l'esprit » au même titre que d'autres arts martiaux où la notion de Do (la voie , la quête a pris le pas sur celle de jutsu (technique) . Il est aussi par la nécessité du dépouillement interne qui doit présider à 1'action , et par son exigence d'engagement à la fois totale et contrôle de soi , une école de volonté et de maîtrise.
Petites Anecdotes :
Un Samouraï ne dormait jamais que d'un œil, une longue habitude lui permettait de se coucher de telle sorte qu'il pouvait, quoi qu'il arrive, bondir à la moindre alerte, prêt à faire jaillir le sabre hors du fourreau (saya). Un acte d'une réelle beauté et d'une nécessité absolue. Le Iaïjutsu, l'art de dégainer le sabre se développa au Japon autour du XV ème siècle avec plus de 412 ryus (écoles) qui tous pratiquaient des techniques tenues secrètes, apprenant à tirer le sabre et à se défendre dans toutes les situations : assis, debout, à genoux, etc.
C'est vers le XVI ème siècle que la tradition attribue à Hojo Jinsuke Shinegobu, plus connu sous le nom d'Hayashisaki, la première systématisation de l'art du Iaï indépendamment des écoles de Kenjutsu. A partir de l'ère des Tokugawa, le Iaïjutsu perd son aspect offensif et s'affirme comme une technique pratiquée par tous les samouraï. Au fil des années, l'art du Iaï se développe pour devenir le plus pur et le plus noble des arts du sabre. Les principales écoles traditionnelles ont été regroupées au sein de la fédération japonaise de Kendo. En 1966, douze grands maîtres représentatifs des écoles les plus importantes et de diverses tendances ont effectué une compilation des différentes techniques et ont codifié les formes de base les plus connues sous le nom de "Zen Nihon kendo Renmei Iaïdo".
Voie de l'unité de l'être, le Iaïdo est un parcours solitaire dont l'apprentissage s'effectue en groupe et c'est ensemble que l'on progresse dans la voie de l'harmonie avec les êtres. Le sabre, prolongement du corps, devient l'outil privilégié qui nous donne la possibilité d'interpréter les impressions qui nous parviennent de l'intérieur et de l'extérieur. |